Faut trouver des amis, man, trouver des amis. Donne-leur un peu d'ton âme , un peu d'ma vie.

La porte s'ouvrit, il y eut un courant d'air. J'aurais dû ne pas respirer. Tout revint. C'était vous, Monsieur, ce soir là. Avec votre voix douce aux accents qui m'étaient étrangers et vos yeux pénétrants. Je vous rencontrais seulement, par un heureux hasard, mais déjà nous riions. Etait-ce un effet de mon imagination? Nous nous ressemblions beaucoup, Monsieur. Nous pouvions parler musique ou cinéma, ou même littérature. Vous jouiez de la guitare, mon piano me manquait. C'était vous, Monsieur, le compagnon de mes jours heureux.
Je sentais le vide sous nos pieds lorsque vous m'embrassiez. Longtemps après votre départ, je respirais encore votre odeur dans mon oreiller.
Il y eut un courant d'air. Tout revint. Pardonnez-moi d'y avoir cru, Monsieur. Lorsque je vous aperçus, mes yeux s'agrandirent et mon coeur s'arrêta. Nous nous sommes croisés. Sans un geste, sans une parole. Cette autre à votre bras ne perçût pas la situation. Vous croisez, je n'en doute pas, beaucoup d'inconnues lors de vos sorties, Monsieur.
Je n'étais pas une inconnue, Monsieur. Je fus un jour à votre bras, tout comme vous fûtes dans mon coeur. Vous m'avez un jour attendue quelque part, vous m'avez un jour accueillie en souriant. Où est passé ce temps, Monsieur? Peut-on effacer le bonheur en oubliant d'en parler? Je n'ai pas compris cette soudaine absence, cette disparition. Cette autre à votre bras doit en être la raison.
Nous nous sommes croisés, Monsieur. Nous nous connaissions d'avant. Nous ne nous connaissons plus, Monsieur. Je respire ce bonheur, passé, dans un courant d'air. Je vous suis des yeux, Monsieur. Ne vous retournez pas, cette autre à votre bras ne le comprendrait pas. Laissez-moi dans les courants d'air, dans les mélodies lointaines de nos jours heureux, Monsieur. Si vous m'accordez du temps, j'apprendrais aussi à ne plus vous connaitre.
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# Posted on Monday, 30 November 2009 at 5:41 PM

Edited on Tuesday, 01 December 2009 at 1:25 PM

Ploie sous le vent mais ne se brise pas. Se relèvera et avancera. Toujours.

Ploie sous le vent mais ne se brise pas. Se relèvera et avancera. Toujours.
Je pensais que j'étais un courant d'air dans la vie des gens.
Tu sais, le truc qui ébouriffe leurs cheveux mais ne les empêche pas de se recoiffer.
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# Posted on Friday, 27 November 2009 at 4:36 PM

Raph' sourit. Et vraiment sans raison.

Raph' sourit. Et vraiment sans raison.
Suis-je l'objet d'un aimable délire?

Horace.

# Posted on Thursday, 19 November 2009 at 3:46 PM

Dans c'bordel y a plus que toi.

Voilà. Fallait bien se dire qu'à force de voler trop haut, un jour on se casse la gueule. Que rêver sa vie, ça pouvait pas rendre heureux. Je viens de me rendre compte d'une chose, c'est que mon bonheur, c'est les gens. Je ne m'en suis jamais aperçue car j'étais toujours entourée. J'ai jamais été seule de ma vie. Jamais. J'ai toujours eu une bouée de sauvetage, un phare pour me raccrocher. J'ai toujours trouvé des gens et j'ai sans doute toujours eu peur de la solitude.
Voilà. Je suis seule maintenant. Je suis paumée, perdue, dans le noir. Je suis terrorisée par le noir. Je panique, je sais plus quoi faire de moi-même. Je ne comprends rien, je m'enfonce dans ce silence. Les gens parlent et rient autour de moi. Je suis l'ombre de leur vie. Je suis celle qui passe de temps en temps, qui a un sourire absent. Je suis celle qui ne pige pas tout, avec qui on parle lentement. Je suis la francophone. Je croyais que c'était facile. De trouver des amis. D'être là pour eux, d'avoir besoin d'eux. J'ai l'impression que j'ai rien vu, encore une fois. J'ai tout rêvé, j'y ai cru tellement. On est jeudi soir. Tout le monde sort. Je les entends rire. Je les vois passer et partir à vélo. Je suis là, je ne bouge pas. Je suis terrée dans un coin, dans le noir, comme une ombre. J'ai peur de moi-même, peur de mon silence, peur de ma solitude. Peur de partir un jour et ne jamais revenir.
J'ai un sourire tout prêt, une phrase qui assure que tout va bien, l'allure d'une fille à l'aise. Je n'en suis rien. Je ne suis rien. J'ai tout perdu, j'attends qu'on me refasse vivre. Je veux sourire et rire encore. J'aimais tellement être cette fille là, celle que rien n'atteint, celle qui sourira toujours. Cette fille-là est restée chez moi, elle n'est pas ici. Ici, je n'existe pas. Et plutôt que de me battre, je m'enfuis toujours plus loin. Loin de ma vie et de ce que j'étais. Je n'ose rien dire. Je fuis le monde réel et ses habitants. Je n'ai plus rien à faire, plus rien à devenir. Je suis oubliée_


Je m'enfuis à cause de mes peurs. Et de l'anarchie de mon coeur.

# Posted on Thursday, 29 October 2009 at 3:32 PM